← CinePerfect ·Mode d'emploi

CinePerfect
Mode d'emploi

Plugin FxPlug 4
Final Cut Pro · Apple Silicon

CinePerfect reconstruit la chaîne optique et photochimique complète : décodage du log de la caméra, défauts de l'objectif, diffusions, réponse de l'émulsion, tirage. Tout se calcule en lumière réelle, dans un espace large, et l'image n'est ramenée en Rec. 709 qu'au tout dernier moment.

00

Avant la première image

Trois choses à régler une fois. Si l'une manque, l'image sera fausse d'une manière difficile à diagnostiquer plus tard.

Où le trouver

Navigateur d'effets → catégorie CinePerfect. Glissez-le sur le plan, ou sélectionnez le plan et double-cliquez l'effet.

Le piège n° 1

Dans l'inspecteur Infos du plan, mettez « LUT de caméra » sur Aucune. Sinon Final Cut convertit déjà votre log en Rec. 709, et CinePerfect décode une seconde fois une image déjà décodée. Symptôme : image très foncée et sursaturée, ou au contraire délavée.

Le format source

Groupe Entrée → Format source. C'est le réglage le plus important du plugin : il détermine la courbe de décodage et la matrice de gamut. Un mauvais choix fausse toute la latitude en amont, et aucun réglage aval ne le rattrapera.

Formats reconnus — courbes constructeur exactes
Rec. 709Matériel déjà étalonné ou caméra non-log
Panasonic V-LogV-Gamut
Sony S-Log3Deux entrées : S-Gamut3.Cine et S-Gamut3 — choisissez celle réglée dans la caméra
Canon C-Log2 · C-Log3Cinema Gamut
Apple LogRec. 2020 — iPhone Pro, caméras Apple
Fujifilm F-Log · F-Log2F-Gamut
DJI D-LogD-Gamut
Nikon N-LogRec. 2020
ARRI LogC3 · LogC4AWG3 / AWG4 — Alexa, Alexa 35
LinéaireRec.709 · Rec.2020 · ACES AP0 — RAW décodé en scène-linéaire, flux ACES

Le traitement de la bibliothèque

Le piège n° 2 — les ciels en escaliers

Propriétés de la bibliothèque → Traitement des couleurs : choisissez Gamut large HDR, jamais « Standard ». En Standard, Final Cut livre les images aux effets en 8 bits : un ciel n'a alors plus que deux ou trois valeurs, et le décodage log étale cette quantification en marches visibles. Aucun réglage ne la rattrape — l'information est perdue avant d'arriver au plugin.

Votre livraison reste en Rec. 709 : seul le calcul intermédiaire passe en flottant.

CinePerfect détecte tout de même une source 8 bits et active alors une reconstruction de dégradé qui casse les marches en un bruit imperceptible. C'est un filet de sécurité, pas un substitut au bon réglage.

01

Démarrage en trois minutes

  1. Format source — choisissez la caméra. L'image doit immédiatement retrouver un contraste normal.
  2. Exposition — calez le gris moyen, à l'œil ou à la forme d'onde. Ce curseur agit en lumière réelle : il n'écrête rien.
  3. Préréglages → Style — choisissez un genre. Il écrit tout l'état esthétique d'un coup.
  4. Force du style — 1,0 = tel que conçu. Montez pour appuyer, descendez pour assagir.
  5. Retouchez ensuite ce que vous voulez, plan par plan.
Ordre à respecter

Réglez le style et la force d'abord, vos retouches manuelles ensuite. Bouger l'un des deux réécrit tout le préréglage et efface les retouches. « Aucun » désactive tous les effets : il ne reste que la conversion log → Rec. 709. C'est aussi l'état d'un CinePerfect fraîchement appliqué — le plugin ne vous impose aucun look tant que vous n'en avez pas choisi un.

Les dix styles — un socle commun, une signature chacun
StyleSa signature
NeutreLe socle CinePerfect seul, sans parti pris. Le point de départ propre.
DrameLes noirs denses. Rolloff retenu, rien d'autre — crédible en lumière naturelle.
PolicierFroid, ombres désaturées — le polar. Grain franc.
ThrillerLa pression : rolloff dur + vignette lourde. Les clairs montent sec.
ActionOrange & teal + punch tonal. Bloom léger sur les sources.
RomanceLe glow : halation chaude + rolloff long, noirs aérés. Aucun grain.
ComédieLa propreté — ni grain, ni mist, ni halation. Net, clair, pop.
Science-fictionLe wash vert + délavé. Bloom clinique sur les sources.
ÉpoqueL'exception : la pile de texture complète, split-tone de tirage ancien inclus.
Noir & blancArgentique N&B : contraste marqué, grain fort monochrome, halation neutre.
02

La chaîne du signal

L'ordre des modules n'est pas une liste : c'est le trajet de la lumière. Le savoir aide à choisir quel curseur toucher.

01Décodage log
→ AP1
02Exposition
Balance
03Objectif
OLPF
04Vignette
05Mist
Bloom · Halation
06Contraste
Split-tone
07Tonemap
→ Rec. 709
08Rolloff
Peau · Look
09Lum vs Sat
LUT
10Grain
Mix · Sortie
Lumière réelle — espace large ACEScg Image affichable — Rec. 709

Tout ce qui se passe avant l'étape 07 travaille en lumière réelle, sans plafond : on peut y ajouter de l'énergie sans jamais écrêter. C'est pourquoi l'exposition, le contraste et les diffusions de CinePerfect ne « cassent » pas les hautes lumières là où un outil Rec. 709 le ferait.

03

Les réglages, groupe par groupe

Entrée

Le socle technique. Température est une vraie adaptation chromatique, pas un gain rouge/bleu : monter les Kelvin réchauffe l'image en gardant les gris neutres. Teinte négative verdit, positive vire au magenta.

RéglagePlageDéfautUsage
Exposition−3 … +3 EV0Calage du gris moyen
Température2000 … 15000 K6500Chaud / froid
Teinte−1 … +10Vert / magenta

OLPF — filtre passe-bas optique

Le plus efficace pour casser le rendu « vidéo ». Il reproduit la biréfringence du filtre anti-aliasing des caméras ciné : une micro-dispersion sub-pixel qui retire le piqué électronique sans flouter l'image.

Départ : 0,4 – 0,6. Au-delà de 0,8, la mollesse devient visible.

Mist · Bloom · Halation

Trois phénomènes distincts, souvent confondus. Ils se cumulent volontiers, mais chacun répond à une intention différente.

ModuleOrigineRenduRayon
MistFiltre devant l'objectifDiffusion de toute l'image, contraste qui s'assouplit45
BloomDiffusion dans le verreVoile large et neutre autour des sources110
HalationRediffusion dans l'émulsionHalo serré et jaune orangé, collé aux hautes lumières18

Le Seuil du bloom et de la halation s'exprime en luminance à l'écran : 0,50 signifie « à partir de 50 % de luminosité ». Descendez-le pour que l'effet morde plus bas, montez-le pour le réserver aux vraies sources lumineuses.

Contraste — printer-lights

C'est l'outil du laboratoire, transposé. Les quatre curseurs pilotent l'exposition par bandes tonales avant la courbe filmique — ils façonnent donc ce qui nourrit le rendu, ce que des roues Rec. 709 ne peuvent pas faire.

RéglagePlageDéfautEffet
Noirs · Médiums · Clairs · Très-clairs−1 … +10±3 diaphs sur leur zone
Contraste−1 … +10Pivot sur le gris 18 % — l'exposition perçue ne bouge pas
Rolloff hautes lumières0 … 10,5> 0,5 rétention douce · < 0,5 montée sèche

Densité filmique

Un seul curseur, et il fait exactement ce que son nom dit : plus une couleur est pure, plus elle s'assombrit — un rouge profond devient profond, pas criard. Un gris neutre, lui, ne bouge pas d'un iota. C'est la réponse des colorants d'une émulsion, et l'inverse exact d'une montée de saturation, qui monte la chroma à luminance constante (le « flashy » vidéo). La saturation vit d'ailleurs dans son propre groupe : ce sont deux gestes opposés, pas deux dosages du même.

Mesuré sur une carnation : densité 0,60 → −5,7 points de luminance pour seulement +0,016 de saturation. Calibré sur les tirages Kodak 2383 / 2393 et le Fuji 3510, qui désaturent les carnations plutôt que de les saturer.

Split-tone (ombres / hautes lumières)

Teinter légèrement les ombres et les hautes lumières — l'âme d'un tirage : ombres froides, clairs chauds. Quatre curseurs en clair (chaleur et teinte, par zone), appliqués en lumière scène, avant la courbe, et à luminance constante : la forme d'onde ne bouge pas, seul le vectorscope s'ouvre. Les roues de Final Cut travaillent après la courbe et ne peuvent pas produire ce rendu.

Départ : ±0,3 à ±0,5 par curseur. Époque l'utilise d'usine (clairs +0,30, ombres −0,12).

Protection peau

Un masque de carnation qui atténue localement la saturation, la vibrance, la LUT de look et la saturation par zone. Il n'a d'effet que si l'un de ces modules travaille : seul, il ne fait rien — c'est un modérateur, pas un effet.

Il agit en fin de chaîne, en espace écran. Il ne protège donc pas des réglages d'Entrée — température et teinte — ni de la densité filmique : ceux-là travaillent en lumière de scène, en amont de la courbe, là où le masque n'existe pas encore. C'est voulu : la balance des blancs décrit l'éclairage de la scène, et exempter un visage reviendrait à l'éclairer d'une lumière différente du décor qui l'entoure.

Saturation par zone — Lum vs Sat

La réponse des couches de colorants au tirage : la chroma s'efface dans les ombres et dans les hautes lumières. Valeurs négatives = désature. C'est ce qui retire au numérique ses ombres colorées « plastique ».

Lecture aux scopes

Ce module préserve la luminance : il est invisible sur une forme d'onde. Jugez-le au vecteurscope (le nuage se resserre) ou au parade RVB (les canaux convergent).

Look CinePerfect

Huit LUT 3D, appliquées en fin de chaîne avec une intensité dosable. Les cinq premières défendent chacune un axe distinct — couleur et tonalité :

LookSon axeNoirsContrasteChroma
CinePerfect 1Le neutre — le point de départ propre0,0241,610,62
CinePerfect 2Orange & teal : ombres cyan-bleu, médiums et carnations orange, blancs préservés0,0291,530,70
CinePerfect 3Doux — chaleur constante, contraste mou, chroma calmée0,0431,290,38
CinePerfect 4Froid — bleu sur toute l'échelle, contraste dur, noirs profonds0,0152,040,49
CinePerfect 5Délavé — noirs relevés, contraste écrasé, virage olive0,1451,070,35

Les cinq diffèrent de 0,044 à 0,154 en écart RGB moyen — bien au-dessus du seuil où deux looks deviennent interchangeables. Chacun bouge à la fois la couleur et la courbe.

Puis trois émulations de tirageKodak 2383, Kodak 2393 (plus saturée) et Fuji 3510 (plus douce, une autre science des couleurs — c'est la seule non kodakienne du lot). Celles-ci ne sont pas de simples looks : elles remplacent la courbe filmique du plugin par la réponse mesurée du positif, l'image leur étant fournie en codage Cineon comme sur un télécinéma. C'est pourquoi elles ne s'empilent pas sur le tonemap — elles le sont.

Sortie

Mix fond le résultat vers une conversion technique neutre — pratique pour doser d'un coup, ou comparer. Broadcast-safe ramène à la gamme légale 16-235 : laissez-le désactivé sauf exigence de livraison, Final Cut gère déjà la légalité à l'export.

Séparateur avant / après partage l'image en deux, avec un trait déplaçable et une orientation au choix — vertical (avant à gauche) ou horizontal (avant en haut). Le côté « avant » n'est pas l'image brute : c'est la conversion technique propre, celle que vous auriez sans aucun module — ni objectif, ni OLPF, ni diffusion, ni look.

Votre exposition et votre balance des blancs sont conservées des deux côtés. C'est délibéré : vous comparez ce que le look apporte, pas votre calage de base. Un volet qui montrerait aussi une exposition différente ne dirait rien d'utile.

Le séparateur est un outil de comparaison : aucun préréglage n'y touche, et il n'entre pas dans le rendu final — pensez à le désactiver avant l'export.

04

Combiner avec les outils de Final Cut

Dans l'inspecteur vidéo, ce qui est au-dessus s'applique en premier. CinePerfect attend du matériel caméra à son entrée et délivre une image Rec. 709 finie. Tout découle de là.

Où placer quoi
OutilPositionPourquoi
Roues / Courbes / Board couleurSous CinePerfect Ce sont des outils Rec. 709. Au-dessus, ils travailleraient sur du log — geste faux et destructeur.
Exposition, balance, contraste primairesDans CinePerfect Ses propres réglages agissent en lumière réelle, avant la courbe filmique : bien plus de latitude.
Secondaires, masques, formesSous CinePerfect On isole sur l'image finie, celle que l'on voit.
Recadrage, stabilisation, Ken BurnsSous CinePerfect Grain, vignette et défauts d'objectif doivent rester solidaires du cadre final.
Autre LUT, conversion log, LUT de caméraNulle part Double conversion garantie. CinePerfect fait déjà le décodage.
NettetéÀ éviter Elle défait exactement ce que l'OLPF vient d'installer.
Vérifier en dix secondes

Un doute sur l'ordre réel appliqué par Final Cut ? Poussez une roue colorée à fond. Si l'image vire franchement, elle s'applique après CinePerfect. Si elle est digérée et adoucie, elle passe avant. Remettez à zéro et rangez-la en conséquence.

Enregistrer vos propres préréglages

Clic droit sur le nom de l'effet dans l'inspecteur → « Enregistrer un préréglage d'effets ». Final Cut sauvegarde l'intégralité des réglages et les range dans le navigateur d'effets. Les dix styles livrés sont des points de départ ; ceux-là seront les looks de vos films.

05

Recettes

Casser le rendu vidéo

Le trio qui fait le plus de chemin, sans toucher à la couleur.

OLPF 0,5 · Mist 0,12 · Grain 0,2 taille 1,2
Halation 0,4 seuil 0,55

Fenêtre ou soleil dans le champ

Laisser la lumière déborder sans laver le reste de l'image.

Bloom actif · seuil 0,65 · rayon 130 · intensité 0,3
Rolloff 0,65

Peau qui vire sur un look marqué

La protection module la LUT là où ça compte.

Protection peau actif · 0,6
Look à 0,7 plutôt que 1,0

Raccorder deux plans

Travailler en amont de la courbe : les clairs se recalent sans se boucher.

Exposition, puis Noirs / Clairs
puis Rolloff. Jamais la saturation.

Nuit américaine, ombres denses

Creuser sans noyer : la désaturation des ombres fait le travail.

Noirs −0,3 · Contraste +0,25
Lum vs Sat ombres −0,55

Le look est trop fort

Un seul curseur, en dernier recours, plutôt que dix retouches.

Sortie → Mix 0,7
ou Force du style 0,6

Rendu émulsion en deux gestes

La signature des tirages : ombres froides, clairs chauds — sans toucher l'exposition.

Split-tone actif · Ombres chaleur −0,3
Hautes lumières chaleur +0,3

Noir & blanc express

Un N&B argentique en un clic, sépia en deux de plus.

Style « Noir & blanc »
+ Split-tone clairs chaleur +0,25 pour le sépia
06

Si quelque chose cloche

SymptômeCause la plus probable
Image très foncée et sursaturéeLUT de caméra encore active dans l'inspecteur Infos — double décodage.
Image délavée, noirs à mi-hauteurBroadcast-safe activé alors que la livraison ne l'exige pas.
Halation ou bloom invisiblesSeuil trop haut pour le plan. Descendez-le vers 0,45.
Le halo déborde dans les ombresSeuil trop bas : il démarre sous le gris moyen. Remontez-le.
Les retouches disparaissentLe style ou sa force ont été rebougés — le préréglage se réécrit.
Le split-tone semble inerteIl est à luminance constante : jugez-le au vectorscope, pas à la forme d'onde — et sur une image contrastée.
Un nouveau groupe manque à l'appelSupprimez l'effet et réappliquez-le : les paramètres sont figés à la pose.